Éditorial

La faillite de la Caisse de compensation (CDC), si une solution n’est pas trouvée dans les meilleurs délais, peut entraîner dans sa chute toute l’économie nationale. Dès que l’on parle de cette Caisse, aux caisses vides, tout le monde regarde ailleurs. Ni Salaheddine Mezouar, ministre des Finances, ni son collaborateur direct, Mohamed Chafiki, directeur des études et des prévisions financières, ne se sont montrés, dans leurs dernières interventions médiatiques, convaincants. Ils ont peur de dramatiser, ce qui fait qu’ils rassurent mollement. Une posture contreproductive. Trop pris à réfuter «politiquement» l’austérité vers laquelle on s’achemine fatalement, ils minimisent le coût des restructurations nécessaires pour sauver l’économie du pays. Le gros chantier c’est, sans conteste, la Caisse de compensation. Or le coût de démantèlement de cette Caisse, désormais, socialement inutile, puisque ses prestations sont universelles, est avant tout politique. L’on comprend bien que le patron actuel du RNI qui se trouve être ministre des Finances, en responsabilité, tourne sept fois la langue dans sa bouche avant de parler. Le parti du Premier ministre, lui aussi, semble moins enthousiaste à aborder frontalement le sujet. Au gouvernement, seul Nizar Baraka a commencé à développer un début de vision mais il a dû calmer rapidement ses ardeurs réformatrices face à l’air plus que dubitatif de ses collègues du gouvernement. Que les choses soient claires ! L’on comprend que la CDC soit de la dynamite sociale, de la nitroglycérine politique, mais il reste que le Maroc est jugé sur le plan international, — la clé de sa croissance—, sur sa capacité à mener les réformes et, surtout, à les réussir. Le large front des réformes ne se construit pas sur des petits calculs politiciens. Il faut une vision, de la créativité et du courage. Est-ce que le gouvernement actuel est capable de cela ? Est-ce qu’il se sent suffisamment fort et légitime politiquement pour engager des ruptures salutaires ? Il faut réfléchir pour savoir si toutes les compétences requises pour la gestion d’une crise historique, comme celle que nous vivons, sont véritablement réunies.

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