Éditorial

L’exécution de l’otage français au Sahel pose un problème de fond à tous les Etats de la région. Faut-il laisser davantage se dégrader la situation sécuritaire au motif que certains pays ont des agendas géopolitiques non compatibles entre eux? Faut-il continuer à offrir à AQMI un terrain favorable à ses menées terroristes pour la simple raison que le Maghreb — seule entité susceptible d’avoir une projection de puissance dans le Sahel— est incapable, aujourd’hui, de faire une offre sécuritaire globale et collective qui soit à la hauteur des enjeux ? Sur ce sujet des sommets de ridicule ont été atteints. L’affaire du Sahara, un conflit créé artificiellement par le pouvoir algérien a durablement faussé la donne stratégique et sécuritaire. Tindouf est devenue une plaque tournante de trafics en tous genres et un ventre mou — un prurit — à partir duquel l’insécurité rayonne désormais par cercles concentriques menaçant tous les pays sahélo-sahariens. Il faut faire cesser cette mascarade. Il est de la responsabilité morale des Etats du Maghreb de sécuriser la région, ils ne peuvent pas laisser sur leur flanc sud se développer une zone de non-droit qui va finir par tout emporter. Le repli d’AQMI d’Algérie vers le nord du Mali, théâtre actuel de ses opérations, doit être annulé par une riposte collective résolue. Pour cela, il faut en finir avec les faux problèmes et changer de mentalité. L’avenir sera commun ou ne sera pas.

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