Éditorial

La bourse familiale de soutien à la scolarité des enfants démunis a réussi son premier examen de passage. Elle passe le gap de la première expérimentation pour une deuxième phase plus large. Le programme Tayssir, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vise, en fait, à lutter contre l’abandon scolaire en offrant aux familles démunies un soutien financier direct. Cent-soixante mille familles sont désormais concernées pour près de 300.000 élèves. L’effort est méritoire et les résultats très encourageants. Il n’est pas dans l’habitude de la presse marocaine de tresser des lauriers à l’Education nationale. C’est historiquement justifié mais pour une fois  qu’il y a un programme qui marche, il ne faut pas bouder le plaisir qui consiste à reconnaître là une vraie avancée. Alors pourquoi ce programme marche alors que les autres marchent moins bien ? Les mêmes cadres qui sont capables d’excellence dans un domaine, pourquoi sont-ils  abonnés à l’échec dans d’autres. Et pourtant ce n’est ni une affaire de budget, ni une affaire de ressources humaines, ni une affaire d’encadrement, ni une affaire de volonté. Alors de quoi s’agit-il? Le mystère reste complet. Il faut peut-être que la famille de l’enseignement dans sa globalité fasse son autocritique. Enseignants, syndicats, associations, délégations, académies, chefs d’établissements, etc. devraient, tous, aujourd’hui retourner contre eux-mêmes leur propre appareil critique souvent plus performant à jeter des anathèmes qu’à faire de sérieux examens de conscience. La faille est peut-être là.

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