Éditorial

Le directeur général de la Sûreté nationale semble avoir accéléré ses opérations internes d’assainissement. Les enquêtes se suivent, les actions tombent, les réglages se font sans discontinuer. C’est le ménage. Pour ceux qui connaissent Charki Draiss et sa carrière, il n’est pas homme à aimer le spectaculaire, ni les effets de manches. Enfant du terroir, il ne faut pas compter sur lui pour amuser la galerie. C’est un pragmatique de la sécurité qui a fait ses classes au ministère de l’Intérieur en obéissant aux ordres de ses supérieurs. Il gravit tous les échelons en technocrate sans états d’âme. En une semaine il se défait d’un directeur central, il neutralise deux chefs de Sûreté et le reste est l’avenant. Il semble bien parti pour mettre ses cadres devant leurs vraies responsabilités. L’homme est fort de son bilan en terme de revalorisation des statuts, la réorganisation des services  et des rémunérations des policiers, il peut exiger en retour plus d’éthique dans l’exercice des fonctions de sécurité et plus de déontologie dans les responsabilités assumées. La police est le premier visage du pouvoir marocain. Celui auquel sont confrontés en premier, et au quotidien, les citoyens. C’est elle qui doit en premier porter  toutes les aspirations marocaines, mille fois scandées, de démocratie, de modernité et d’Etat de droit. C’est pour cela quand la police dérape — sur cela le chef de l’Etat est intransigeant, le directeur général l’a compris  très tôt — elle encaisse plus lourdement que les autres. C’est dans la nature même de leur métier.

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