Éditorial

Les sombres prévisions économiques se confirment. Raréfaction des IDE, chute des recettes fiscales, baisse de l’épargne, ralentissement de la croissance,  etc. Tous les indicateurs sont au rouge. Et le moral est au plus bas.  La posture traditionnelle du ministère des Finances qui consiste à  répondre aux  remarques des observateurs — même institutionnels, du genre HCP — ou à l’inquiétude de l’opinion publique par un dédain technocratique empreint de mépris et de science infuse n’est plus de mise. Il faut que nos argentiers descendent de leur nuage et consentent à un peu plus de modestie. Ils ne peuvent pas continuer à nier la crise et, en même temps, s’en prévaloir ou l’invoquer pour justifier leur imprévoyance. En bref, ils sont invités à communiquer autrement. Agir autrement. Il faut dire la vérité, argumenter, expliquer, aller vers l’opinion publique avec des faits, des propositions, de nouvelles idées. Ils ne peuvent plus continuer à se barricader derrière des certitudes éculées  que la conjoncture met à mal. Et des méthodes de travail qui tranchent avec la dynamique générale du pays imprimée par le chef de l’Etat lui-même. La citadelle doit être sérieusement aérée. Elle doit réfléchir à de nouvelles méthodes. Imaginer de nouvelles procédures. Et se mettre au diapason des administrations modernes. Le dogmatisme fiscal, l’intégrisme bureaucratique et la peur de l’innovation et de la créativité risquent de faire perdre au pays le rendez-vous de l’émergence. C’est peut-être la première fois depuis 40 ans que le ministère des Finances est à la traîne par rapport au dynamisme des acteurs économiques de la société. C’est très grave.

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