Éditorial

Un journal de Las Palmas, La Provincia, a diffusé récemment une interview d’un historien espagnol, Victor Morales Lezcano, spécialiste de notre région, auteur notamment d’une Histoire du Maroc très remarquée, qui n’est pas passée inaperçue. Et pour cause. Il a une position iconoclaste dans les milieux universitaires et intellectuels car il considère, lui, que l’Espagne devrait négocier avec le Maroc sur l’avenir de Sebta et Mellilia. Un «révisionnisme historique» qui gêne beaucoup les tenants du statu quo. En fait, l’éminent professeur considère que l’avenir des deux villes devrait pouvoir être discuté dans une dynamique qui  garantit réellement les intérêts communs tout en s’inscrivant dans une perspective franche de décolonisation. Il pense également que la gauche espagnole devrait pouvoir assumer, et porter haut et fort, ce discours au-delà des enjeux politiciens. C’est le bon sens historique lui-même qui dicte cette conduite. Le problème c’est que des pans entiers de la société espagnole, y compris à gauche, sont travaillés, au sujet du Maroc, par les idées de la droite néo-franquiste qui s’articulent sur deux thématiques ravageuses: le statu quo colonialiste porté par un discours sublimé et exalté sur l’hispanité, et les  pulsions racistes avérées anti-moro qui produisent de plus en plus souvent des passages à l’acte criminel également, et c’est patent aujourd’hui, chez des fonctionnaires de police. De ce fait, les voix, qui poussent à l’abandon négocié du statut colonial des villes marocaines occupées, sont très rares, voire marginales. La chape de plomb intellectuelle sur la question sera difficile à lever.

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