Éditorial

Le maire islamiste PJD de Midelt a été pris la main dans le sac. Faut-il en rire ou en pleurer? Il est tombé dans un traquenard par le truchement d’une vidéo explicite Youtube, habilement montée, le montrant en pleine action de corruption. Quels que soient les soubassements de cette affaire : manipulation, piège… ? Les carottes semblent cuites. La réaction du PJD est très significative. Elle ne laisse pas de place à l’atermoiement. En attendant de voir clair, ce parti gèle l’adhésion de son membre. Une mesure conservatoire qui en dit long sur l’évaluation que les islamistes font de la situation : elle est en effet très grave. Non pas qu’il n’y ait pas de véreux dans le PJD ? Leur nombre doit correspondre normalement à la moyenne nationale ? Non, le problème c’est que quand on fait commerce de vertu, de foi, de valeurs religieuses, de droiture et de rectitude dans le champ politicien à des fins électoralistes, il faut faire très attention avec les «anges» que l’on recrute. Ils ne sont en général pas nets. Ce qu’il y a de commun dans les visions politiques totalisantes, — pour ne pas dire totalitaires et me fâcher inutilement avec mes amis du PJD—, c’est qu’elles misent toutes sur l’émergence d’un homme nouveau, neuf, idéal, parfait, divin. Et c’est comme cela historiquement que les grands dérapages sont arrivés. Khomeiny s’est planté. Pol Pot aussi. Mussolini, Franco, Hitler, etc. ont tous rêvé de fabriquer un homme nouveau, parfait, pur. Tout cela s’est terminé infailliblement par la négation la plus abjecte de l’humanité. Le PJD devrait développer une offre politique normale et sérieuse avec des hommes politiques normaux et sérieux et arrêter de faire commerce avec la religion. L’homme politique nouveau PJD n’existera jamais tant qu’existeront les hommes. C’est la leçon de Midelt.

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