Éditorial

Il semblerait que M. Christopher Ross ait du vague à l’âme. L’envoyé spécial du SG de l’ONU pour l’affaire du Sahara ne sait pas comment sortir les négociations de l’impasse. Il fait appel aux pays amis pour l’aider dans sa mission. L’astuce diplomatique des discussions informelles de Dürnstein a fait long feu sans résultats tangibles. M. Ross veut de la consistance. Il veut des échanges, de l’entrain, des négociations, des concessions de part et d’autre Et un processus qui avance de bonne foi vers une solution pragmatique, pacifique et négociée. Pour obtenir ce qu’il veut, il devrait regarder davantage vers Alger. Il bute intellectuellement sur la compréhension du conflit parce qu’il ne veut pas se rendre compte qu’il y a dans le processus un chaînon manquant : l’Algérie, et le nommer, ce chaînon manquant, comme ses prédécesseurs après des années d’atermoiements, de craintes et parfois de menaces ont fini, tous, par le faire. Le Polisario ne peut pas animer les négociations que veut M. Ross. Il ne maîtrise pas son destin, celui-ci est surdéterminé par les intérêts d’Alger. Le Polisario est juste une carte géopolitique entre les mains de ses protecteurs. Il ne compte pas. Si Christopher Ross veut sortir de l’ornière, il n’a pas 36.000 solutions. Il faut négocier sur le plan d’autonomie marocain, sérieux et crédible, que soutiennent les grandes puissances mondiales, USA et Europe inclus. Cette offre est consistante et elle peut animer un processus de négociation fructueux. Pour le reste, il faut trouver les réponses à Alger. Un pays qui se débat depuis plusieurs décennies dans une crise politique profonde qui obère l’avenir de toute la région.

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