Éditorial

Que peut-on faire, maintenant, en attendant la prochaine crise avec nos voisins espagnols ? Une nouvelle crise, peut-être ! Restons sérieux. S’il est établi désormais — la série d’articles ramadaniens  de ALM sur la question le démontre magistralement  — que les relations entre les deux pays obéissent à une cyclothymie surdéterminée, en gros, par les nécessités de la souveraineté, de l’unité et  de l’intégrité territoriales, pour ce qui nous concerne, et, pour ce qui concerne nos voisins,  par les contraintes notamment électoralistes qu’impose une notion aussi vague et étendue que l’hispanité avec ses déclinaisons qui prennent, parfois, un tour raciste ou néo-colonial. Bloc contre bloc, frontalement, ces deux réalités conflictuelles mettent régulièrement les relations entre les deux pays dans des situations paroxystiques où le pire n’est pas toujours évité. Le passé colonial n’a jamais été purgé. Ses pages ne sont ni lues ni tournées. Ses stigmates territoriaux existent toujours sur le sol marocain : la situation de Sebta et Mellilia, villes toujours occupées, en est la caricature la plus emblématique. Comment voulez-vous dans ce cas que le système de confrontation — qui se nourrit de lui-même — ne perdure pas, à part quelques accalmies dues essentiellement à la qualité des responsables politiques du moment,  à de rares prouesses diplomatiques talentueuses — comme celles  de ces dernières années de l’ambassadeur Luis Planas Puchades —, ou à la retenue et à la sagesse proverbiales des Souverains marocains?  Sinon tout concourt à la confrontation. Le statu quo est territorial, psychologique, historique et sociologique. Il faut beaucoup d’imagination aux politiques des deux pays pour dépasser cette situation dense et complexe. Autant d’imagination, en forçant un peu le trait, que celle qui a prévalu entre les Français et les Allemands après la Seconde guerre mondiale.

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