Éditorial

Comment tient ce pays ? Comment le Maroc se maintient-il, cahin-caha, face aux défis internes et externes qui l’assaillent ? La plasticité et la résilience du pays resteront toujours une énigme incompréhensible pour les observateurs et les analystes. Ça avance malgré tout. Mais à quel prix ? Une guerre rampante au Sud que nous mène l’Algérie qui entend remettre en question durablement notre intégrité territoriale. Au Nord, un harcèlement permanent espagnol sur la base d’un conflit territorial concret et indiscutable : deux villes marocaines sont occupées. Cet harcèlement ibérique est polarisé par le maintien sur notre sol d’une cinquième colonne médiatique déguisée en journalistes que certains confrères veulent naïvement faire passer pour des anges. Les coups viennent aussi de l’intérieur. L’affairisme médiatique détruit le lien social dans la nation. Ceux qui encouragent cette dérive mercantiliste cynique, qui se nourrit de l’honneur et de la dignité des gens, porteront le moment venu la lourde responsabilité morale d’avoir fait la promotion de valeurs abjectes — d’avoir investi dans la vulgarité typographique — qui minent, aujourd’hui, la nation de l’intérieur. Le temps des responsabilités viendra, et aucun Ponce Pilate ne pourra se cacher derrière une colonne du temple. Une guerre civile qui ne dit pas son nom est livrée au pays. Objectif : salir tout ce qui est propre, rabaisser tout ce qui est digne, détruire tout ce qui est beau, avilir tout ce qui est noble. Que restera-t-il après ? Les promoteurs de cette stratégie du chaos pensent-ils s’en sortir tous seuls ? Improbable, il n’y aura plus de pays pour célébrer leur triomphe.

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