Éditorial

La lettre adressée par Tahar Ben Jelloun (TBJ) à Nicolas Sarkozy, publiée par le quotidien français Le Monde, a le mérite d’être claire. Un texte d’un binational qui s’assume sans salamalecs ni surenchères. Un Franco-Marocain qui exprime sa gêne profonde vis-à-vis du dispositif régressif, voire xénophobe que prépare le gouvernement français pour améliorer son image sécuritaire, et électorale, auprès de l’opinion publique. TBJ donne une lecture de la citoyenneté française très profonde qui puise ses arguments dans l’universalité des droits de l’Homme dont la France est le chantre reconnu, et dans un humanisme jamais démenti qui a toujours su prendre le pas sur les aléas  — y compris coloniaux — de l’histoire.  J’ai toujours pensé que les Francophones du monde, qui ne sont pas des naïfs pour autant, portent mieux la «francité» que ceux qui la vivent au quotidien dans sa simple expression hexagonale. Car leurs idées de la France, sublimées, sont davantage nourries par les idéaux des lumières que par les contraintes d’une conflictualité sociale polarisée, au jour le jour, par la crise. Pour autant, et c’est là où TBJ dit l’inacceptable; il dénonce d’une manière intraitable les choix sécuritaires de Nicolas Sarkozy. Quelle que soit l’adversité, le président de la République n’a pas le droit de tourner le dos aux valeurs constitutionnelles qui fondent la République française. Qu’un naturalisé — celui qui a choisi d’être français— rappelle ces fondamentaux au premier magistrat du pays, cela fait partie de l’honneur de la France.

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