Éditorial

Avec le décès de Mahjoub Benseddik, c’est une grande page du syndicalisme marocain indépendant qui se tourne. Ce sont des années de pratiques syndicales, d’abord au service de l’indépendance du pays, et ensuite au service des droits des travailleurs dans le nouvel Etat qui trouvent, aujourd’hui, un terme naturel. Une longue parenthèse se ferme. La disparition de Mahjoub Benseddik ne signifie pas la mort du syndicalisme au Maroc, mais elle signifie, sans conteste, la fin d’une certaine idée du syndicalisme autonome que ses héritiers à la tête de l’UMT ont l’immense défi de continuer à faire exister, désormais sans lui. La tâche n’est pas facile tellement le syndicalisme actuel mité par l’action politique partisane — ce à quoi le défunt s’était opposé toute sa vie — a fini par perdre de son poids, de son influence, et de ses capacités d’organisation et d’encadrement. L’unité syndicale, cheval de bataille de l’UMT, a fait long feu. Une certaine radicalité sectorielle, brouillonne, socialement inculte et anarchique, comme dans les transports par exemple, a remplacé les stratégies syndicales construites où la parole des partenaires sociaux engageait l’avenir en dehors des calculs politiciens. Le syndicalisme dans la démarche de Mahjoub Benseddik était un «métier», une affaire de professionnels, il ne pouvait souffrir de manipulations politiques. L’histoire lui avait donné raison avant son décès vu ce qu’il est advenu finalement d’une centrale comme la CDT.

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