Éditorial

Les fines consciences de l’humanitarisme ibérique semblent hors service. Elles sont frappées d’une espèce de cécité qui fait que le grave cas de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud n’apparaît pas dans leur radar discriminant. Voilà un Sahraoui, authentique Rguibi, cadre du Polisario, ni traître ni renégat, emprisonné par la DRS algérienne à Tindouf au motif qu’il défend une solution pacifique et négociée du conflit du Sahara, qui n’émeut guère les ONG espagnoles nourries au lait de l’UE. Cette capacité d’indignation sélective de nos amis espagnols nous a toujours intrigués. Débattre librement de la proposition d’autonomie marocaine dans les camps des séquestrés ne semble pas être une cause assez noble pour ces grandes consciences. Pour susciter leur mobilisation, il leur faudrait une «supercherie» comme Aminatou Haidar : une défenseure des droits de l’Homme sahraoui, à géométrie variable, qui se tait quand ses frères sont livrés aux sévices des tortionnaires du Polisario. Si le silence et le désintérêt arrivent à compromettre l’existence de Mustapha Salma, nous saurons qui sont les responsables de cette faillite morale. La société civile espagnole voit ici sa crédibilité sérieusement remise en question. Pour ce qui nous concerne, ses travers sont connus, depuis longtemps, nous ne faisons plus d’illusions. Même si naïvement on se prend parfois à rêver d’un sursaut ultime de conscience.

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