Éditorial

Un coup de sang embrase les tempes du PJD. Abdelilah Benkirane met tout son poids dans la balance, il hausse le ton car il y va de la crédibilité de leadership. La situation est pourtant très claire: la sociologie marocaine a fini par rattraper le parti aux mille vertus morales. Il a beaucoup perdu de superbe. Deux points de fixation majeurs à la crise identitaire actuelle. Un. L’islamisme municipal ou parlementaire n’est pas plus propre, ni plus efficace, que celui des autres partis politiques qui, eux, n’excipent pas — en tout cas, ils n’insistent pas beaucoup — de vertus célestes particulières. Un rabotage moral a mis tout le monde sur le même pied d’égalité. Deux. Sur le plan doctrinal, il apparaît — et là c’est le travail de fond fait par le MUR — que l’islamisme participationniste ne paie pas toujours sur le plan électoral. Le PJD ne semble plus porté par la vague verte — a-t-elle vraiment existé ? — qui avait obligé par le passé le pouvoir à négocier avec lui un auto-plafonnement. Il y a donc urgence à re-produire de la confrontation, de l’hostilité, de la violence verbale, etc. pour exister. Il faut juste trouver le bon biais. Et c’est là où les insuffisances théoriques sont criardes malgré les efforts méritoires fournis. La diabolisation de Fouad Ali El Himma n’y suffira pas. Celle du PAM non plus. Le révisionnisme des évènements de 2003 pas davantage. L’effet de levier est très faible. Il faut plus lourd que cela. Et c’est là où la tentation salafiste se réveille. Elle est inscrite dans l’ADN de toutes les formations islamistes qui entendent manipuler la religion à des fins politiques.

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