Éditorial

La partition du Soudan est en marche. Le sud du pays va être sectionné du reste de la vaste nation soudanaise pour donner naissance à un nouvel Etat africain. Un nouveau pays riche en pétrole et à dominante chrétienne. Le cauchemar géopolitique — le pire des scenarii  est en train d’advenir — va devenir une réalité dramatique à l’issue d’un référendum hasardeux. A part en Algérie, où le ministre de la Défense soudanais, le Général d’armée Abderrahim Mohamed Hocine, a été reçu, mardi dernier, avec beaucoup d’hypocrisie, qui se réjouit d’avance du viol de l’intégrité territoriale d’un pays frère, les gens sérieux sont très circonspects. L’ONU, le géniteur du processus de partition, est très gênée par le cours des choses. Les risques de déstabilisation régionale sont énormes. La viabilité, l’autonomie et l’indépendance du nouvel Etat sont quasi nulles. L’UE voit les choses du même œil, elle n’exclut pas un chaos stratégique avec un effet domino calamiteux sur le reste du continent. Les Africains, eux-mêmes drapés dans leur sacro-saint principe de «l’intangibilité des frontières», voient le Soudan se déliter avec un effet de contagion sur tous les conflits et sur tous les particularismes locaux. La population du Sud Soudan n’est pas un peuple. C’est une minorité composante d’une grande nation qui a vu ses droits légitimes bafoués depuis des décennies. Ce déni de droit a donné lieu à une guerre civile harassante. Cette guerre se solde aujourd’hui, à défaut d’un projet d’autonomie intelligent, par un référendum  bien que l’on ne soit pas devant le cas de figure académique de l’autodétermination d’un peuple.

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