Éditorial

Le discours royal, ouvrant la nouvelle année législative, a laissé apparaître cette année une sorte de bienveillance royale, notable, à l’égard de l’institution du Parlement. Le ton comminatoire habituel a disparu pour laisser place à une lecture de l’institution tout aussi critique que par le passé mais tempérée dans sa formulation et sereine dans sa vision. Le Souverain a, semble-t-il, mesuré  la contre-productivité d’un discours antiparlementaire simple produit par certains milieux et les dégâts que ce discours pouvait produire sur une opinion publique déjà très sollicitée, pour ne pas dire assez ravagée, par le populisme au quotidien. « Dans quelle mesure le Parlement assume-t-il pleinement le rôle qui est le sien comme levier démocratique de notre modèle de développement? » C’est cette question de fond, qui ne cède donc rien à la forme, qui a structuré l’analyse royale de l’action à venir du Parlement. Ce dernier n’a pas toujours été un levier de la démocratie. Il en a souvent été un frein : profil des élus, failles éthiques, faible niveau de qualification, absentéisme, productivité nulle, des commissions «incompétentes», absence de professionnalisme, des textes internes inefficaces, etc. L’on voit bien que par une seule question le problème de l’institution parlementaire est cerné. Le Souverain souhaite que le Parlement, c’est-à-dire les deux Chambres, « se hissent à un niveau leur permettant de se placer au cœur de cette dynamique réformatrice. » Comment passer du vœu pieu au réveil salutaire du Parlement marocain ? C’est cela le défi vital.

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