Éditorial

Dans la continuité — nous en sommes au troisième éditorial — de l’analyse du discours royal de la première session de la 4ème année législative, il y a un point majeur, d’une extrême importance, qui semble avoir échappé à la sagacité de nos commentateurs. Plus étonnant ceux qui ont un peu effleuré la question, malgré leur expérience, semblent avoir commis un contre-sens profond. La deuxième Chambre du Parlement, celle des conseillers, devrait à la lecture du discours royal être rassurée sur son avenir. Et pas le contraire.  Dans le texte du discours royal, cela donne : «Il Nous a déjà été donné, lors de Notre premier discours prononcé devant cette instance, de souligner que pour améliorer la performance du Parlement, il faut l’appréhender comme un seul et unique Parlement composé de deux Chambres et non comme deux Parlements distincts.» Là, il y a deux visions. Peut-être, un avant-goût de la réforme constitutionnelle. Celle d’un Parlement qui fonctionne selon une norme, quasi universelle, à deux Chambres : France, USA, GB, Espagne, etc. Et celle  d’une deuxième Chambre qui n’est pas en compétition «primaire» avec la première mais plutôt en synergie avec elle, en complémentarité utile. On voit bien que dans l’esprit du Souverain que c’est l’amélioration globale de la productivité parlementaire, une mise à niveau générale de l’institution, qui est visée et non une amputation du Parlement marocain d’une Chambre qui a eu, en effet, du mal à imposer sa légitimité à cause notamment de la qualité de ses ressources humaines. Ça va mieux maintenant avec Mohammed Cheikh Biadillah. Il est vrai que les conditions historiques de la création de la deuxième Chambre, à la veille de la première alternance, et l’arrivée de Si Abderrahmane Youssoufi à la Primature,  ont pu faire douter à un moment de l’intention du législateur soupçonné de créer un «backup» sécuritaire de la première Chambre. Mais l’évolution politique libérale du Maroc et l’intégration institutionnelle réussie de l’ex opposition à l’exercice du pouvoir ont rendu, a posteriori, ces soupçons non fondés.

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