Éditorial

Nicolas Sarkozy invoque la raison d’Etat pour sortir la France de la crise sociale dans laquelle elle s’est installée. Tout le dispositif légal que permet la loi est mis en branle. Il s’agit, face à une agitation sociale exacerbée par un projet de loi sur les retraites honni par tous, d’assurer un fonctionnement normal du pays. Le président français est naturellement dans son rôle constitutionnel. Il agit dans son périmètre légitime. Personne ne peut contester cela. Mais est-ce suffisant dans un pays qui se réclame «abusivement» du cartésianisme? Descartes n’est plus français, non plus, depuis des lustres ! Nous savons depuis longtemps, en France, qu’il ne suffit pas d’avoir juridiquement raison pour ne pas avoir politiquement tort. C’est, effectivement, sur le plan politique que le président français semble avoir perdu la main. Il veut se refaire une santé vite —avant les présidentielles de 2012 — sur des sujets qui antagonisent une société frileuse, apeurée, fermée à la réforme et qui se recroqueville sur des acquis que la croissance économique quasi inexistante et l’absence de compétitivité ne peuvent plus assurer. Il n’est pas sûr que cette stratégie présidentielle marche. Elle semble même un peu suicidaire. Elle risque d’en finir avec les aspirations de Nicolas Sarkozy pour un second mandat et, surtout, — ce qui est plus grave — d’éradiquer pour longtemps l’idée même de réforme dans l’esprit des Français. En tout cas, Nicolas Sarkozy est en train de rendre extrêmement prohibitif le coût politique des réformes dont la France a besoin. C’est la politique de la terre brûlée.

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