Éditorial

Le colloque international d’Agadir sur l’INDH constitue un moment utile pour faire le bilan de cette expérience mais nous offre, aussi, la possibilité pour nous Marocains de profiter du regard des autres pour mieux appréhender cette initiative. Trois idées majeures se dégagent. La première c’est que notre expérience n’est pas uniquement domestique. Isolée ou expérimentale. Elle est scrutée sur le plan international avec beaucoup d’intérêt. De nombreux pays et de nombreuses institutions internationales considèrent que le Maroc pose d’une manière autonome cette question de développement humain avec des termes à la fois novateurs et courageux. Ce qui était pour nous, au début, une nouvelle usine à gaz institutionnelle, mystérieuse et un peu absconse, s’avère être une nouvelle manière de mettre l’humain au centre du développement. Sur ce point, les avis sont unanimes à Agadir. Deuxième idée importante et étonnante (!) qui a émergé des travaux, c’est qu’il ne peut y avoir de lutte crédible contre la pauvreté si elle n’est pas précédée  d’une vraie réflexion sur les notions précises d’égalité et de justice sociale. C’est le modèle de société lui-même qui est interrogé dans sa globalité par toute stratégie de lutte contre la pauvreté ou de lutte contre l’exclusion. En clair, on ne fait pas de développement humain impunément. Ou par hasard. La dernière idée qui s’est imposée, et on la doit à l’esprit brillant d’Edgar Morin, c’est que l’humain n’aurait jamais dû quitter sa position centrale dans les questions de développement. A chaque fois que celui-ci s’en est écarté, il a produit des malheurs. Affubler, aujourd’hui, le développement de durable ou d’humain c’est, juste, se rappeler que les communautés, les langues, les cultures, les écosystèmes, les peuples, les femmes, les minorités, les exclus, etc. ont des droits imprescriptibles. En prendre acte aujourd’hui est en soi une évolution considérable.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *