Éditorial

Les turbulences, comme dans un avion, que traverse l’affaire du Sahara marocain ne sont pas toutes dues à la mobilisation haineuse et insidieuse  de nos adversaires. Nous avons aussi notre part de responsabilité. Elle est peut être limitée mais elle existe. Notre démocratie, celle qui gêne tant dans la région et que d’aucuns par leurs manœuvres veulent détruire, nous permet effectivement d’aborder ces questions de politiques intérieures  en évitant la superficialité. Disons d’emblée que l’offre d’autonomie a créé, sous forme d’appel d’air irrépressible, une demande politique dans les provinces du Sud que nous avons eu du mal à mesurer. Aujourd’hui, l’on se rend compte qu’un pan tout entier de l’analyse nous échappe faute d’avoir justement su évaluer à temps cette demande qui est aujourd’hui formulée de manière multiforme: radicalisation du discours social, question de l’emploi des ressources naturelles, rivalités ethniques sur le contrôle des futures institutions de l’autonomie,  évocation  de droits nouveaux attachés à la qualité de Sahraoui sans réflexion sur les devoirs que cela implique, etc. Et cela, bien évidemment,sans parler du séparatisme dormant, ou éveillé, agissant et criminel, qui profite de cette nouvelle donne pour mieux coordonner ses actions terroristes avec les services de renseignements algériens qui le financent et qui l’encadrent parfois sur le terrain même. L’affaire de Gdim Izik n’a pas encore révélé tous ses secrets. Il nous faut comprendre, et nos partenaires aussi : France, USA, GB, Chine, Russie, Espagne…, que l’offre d’autonomie ne s’adresse pas uniquement aux Sahraouis du Polisario. Cela ne peut plus l’être, cela ne peut pas l’être. Ils sont une minorité — minorité certes bruyante et armée par nos voisins— mais une minorité quand même. Non exclusive. Il faut tenir compte de tous les Sahraouis : les revenants, les séquestrés, les malgré eux, ceux qui ne sont jamais partis, les loyalistes, les légitimistes, les autonomistes, les «sabras» et que sais-je encore. Notre focalisation sur le Polisario risque de nous faire perdre de vue l’essentiel : une autonomie des provinces du Sud  dans leur diversité consubstantielle mais, aussi, dans leur unité nationale marocaine non négociable. Une question de souveraineté.

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