octobre 23, 2018

 

Éditorial

Le gouvernement a raison d’augmenter sa visibilité et de monter, vite, au front des réformes. C’est le seul moyen de coller à la dynamique sociale que vit le pays depuis plus de dix ans. Trop d’atermoiements, trop d’hésitations, trop d’attentes ont fini par donner, parfois à tort, du gouvernement de Abbas El Fassi, dans son ensemble, une image d’immobilisme qui n’est pas conforme à la réalité des choses. L’adage un peu suranné dit que le meilleur auxiliaire de la sécurité publique c’est la peur du gendarme, cela vaut aussi pour les réformes. Le meilleur adjuvant des réformes, c’est la peur des révoltes. Il n’y a aucune honte à avoir peur de la colère des citoyens libres. Bien au contraire, c’est un bon aiguillon. Un bémol cependant. On ne change pas un pays dos au mur ! Ça ne marche pas. Nous avons, au Maroc, une vision et un projet, il faut, alors, dérouler au plus vite les réformes et agir avec plus de célérité dans l’exécution de la feuille de route. Au début de la transition marocaine, à la fin des années 90, il y avait tout un courant politique  qui privilégiait les réformes —  essentiellement politique—,  qui ne coûtent pas un centime au budget de l’état. Il y en a encore. Il faut les faire. Les poches de résistance, les conservatismes, les paresses et les blocages qui ont  empoissonné la vie au gouvernement de Abderrahmane Youssoufi savent aujourd’hui où leur rigidité et leur obstination peuvent mener. Il faut aussi faire les réformes qui coûtent. Celles-là elles sont, aussi, connues. Elles sont fondées sur une juste répartition de l’effort entre le travail et le capital. Une fiscalité plus équitable. Une juste répartition de la croissance. Une bonne protection sociale universelle, etc. On ne va pas réinventer le monde.

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