Éditorial

Ceux qui ont suivi de près, ces dernières 48 heures, ce qui se passe en Libye savent que là-bas se déroule un huis clos sanguinaire alimenté par une folie meurtrière sans limite. Des armes de guerre sont utilisées contre des civils aux mains nues. Nous avons affaire en Libye à une exception sanguinaire qui transforme un printemps démocratique arabe en bain de sang. Je ne fuis pas la réalité nationale pour me réfugier dans l’actualité internationale arabe pour changer de sujet. Ou pour trouver un ailleurs  politique qui permet davantage d’indignation, ou de pertinence, que sous notre beau soleil national. Non, on parle de la même chose. Par le passé, effectivement, le sionisme, Israël, la Palestine, l’impérialisme, le racisme, l’Amérique, la Oumma islamique, en fait le cosmopolitisme intégriste, ont été des thématiques qui — prises en charge par des idéologies d’état — ont permis de mieux soumettre les peuples à leurs dictateurs locaux.  Une des caractéristiques du mouvement arabe pour la démocratie en égypte, en Tunisie, en Libye, au Bahreïn, au Yémen, en Algérie et même au Maroc le 20 février 2011, c’est la démonétisation de ces «classiques» du militantisme arabe. On revendique d’abord pour soi, pour sa dignité, pour sa liberté. C’est un mouvement certes «inter-national» mais qui exprime des revendications de proximité, locales, voire personnelles comme la liberté, la dignité, l’emploi, etc. Pour revenir à la Libye et à la gravité des événements qui s’y passent, il faut dire trois choses. 1) Les petits calculs indignes des intérêts occidentaux livrent un peuple entier à une boucherie  génocidaire sans nom. Une dérive Pol-potienne.   2)Les ONG internationales des droits de l’Homme, y compris arabes, montrent, ici, une face hideuse de leur métier. Leur approche sélective, ou avec un effet retard, devient de fait criminelle.

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