Éditorial

Opération «testing» grandeur nature  ou transe collective des médias ? Probablement, les deux. D’un côté des scénarios, des ballons d’essai, semblent être testés sur une opinion publique à la sensibilité exacerbée voire, carrément, déstabilisée par la lame de fond du mouvement arabe et sa traduction «chaotique»  marocaine, et d’un autre côté une presse qui colle laborieusement à l’événement faisant de la rumeur une source vérifiée (!) que l’on peut citer dans quatre colonnes à la Une. Les deux effets cumulés aboutissent à une situation pour le moins désespérante. Un vecteur de peur et d’angoisse. On donne l’impression calamiteuse d’une fébrilité générale du pouvoir et d’une opération inutile de déstabilisation du gouvernement. Alors que les choses  sont  dans leur essence plus simples. Le limogeage d’un Premier ministre, quelles que soient les conditions qui le justifient, est un évènement qui «claque» politiquement. Il est net. Il n’est ni rampant ni avec un effet retard. C’est la seule condition, cet aspect tranchant, brutal, qui le rend rentable politiquement et productif au niveau du message ou du sens. Là, par contre, nous avons affaire à un harcèlement du gouvernement  en place qui tétanise tous ses membres et livre à la rumeur le destin de son Premier ministre. De deux choses l’une ! Soit on soulage les intéressés en les renvoyant à leurs pénates, mais alors vite. Soit ils sont invités à reprendre sérieusement leur boulot en leur renouvelant, s’il y a lieu, la confiance. Mais dans les deux cas on arrête le massacre.

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