Éditorial

Le cours que prennent les événements en Libye reste imprévisible. Rien ne dit que l’intervention de la coalition internationale va être limitée dans le temps et surtout qu’elle va être  couronnée de succès. Le succès étant dans ce cas précis la neutralisation définitive de Mouammar Kadhafi et de sa famille.  Deux facteurs décisifs conditionnent ce succès. 1) La capacité du CNT libyen  de prendre rapidement l’avantage politique et militaire sur le terrain en offrant une vraie alternative au régime du dictateur honni. 2) La capacité des Arabes à soutenir clairement la coalition internationale, sans double langage et ni faux-fuyant, dans le travail de préparation qu’elle est en train d’effectuer. Nous sommes dans une situation où les contorsions de la Ligue arabe — un club d’états en déconfiture institutionnelle — ne reflètent pas l’état de l’opinion arabe majoritairement anti-Kadhafi. Si nous considérons que cette affaire est une affaire d’Arabes, et non pas celle d’Américains, de Français ou de Britanniques, il nous faut tirer les leçons politiques et militaires qui s’imposent. Nous ne pouvons pas continuer à réclamer la maîtrise de notre destin tout en laissant, en spectateurs passifs,  les autres faire le travail à notre place. L’attachement des Arabes à la liberté, à la dignité et au droit à la protection du peuple libyen a un coût. Il n’est pas matériel. Il est moral, politique et, hélas, militaire. C’est le prix à payer pour changer le cours de l’Histoire.

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