Éditorial

Le gouvernement est-il à la hauteur de la situation historique que vit le pays ? A-t-il pris toutes les mesures politiques pour accompagner cette période de refondation constitutionnelle ? Contribue-t-il à créer le climat utile pour faire en sorte que tous les Marocains sans exception, et pas seulement les jeunes du 20 février, les diplômés chômeurs, les salafistes ou les altermondialistes, se reconnaissent dans le regain démocratique que vit la Nation ?  Les composantes actuelles du gouvernement, la majorité si on peut toujours la qualifier ainsi, ont-elles, toutes, conscience  de leur devoir dans cette conjoncture très critique où tout peut basculer dans le meilleur, ce qui est espéré par tous, ou, qu’à Dieu ne plaise, dans le pire, ce qui constituerait un arrêt cardiaque national? Le faible état politique et organisationnel des partis politiques ne leur permet, aujourd’hui, ni d’avoir des idées ni de reprendre l’initiative. Ils sont prostrés. Ils étaient formatés pour un rapport de force ancien, pas pour celui qui est né après le discours royal du 9 mars 2011. Pour la plupart de ces partis, leurs «Jeunesses» sont dans la rue et leurs directions recroquevillées sur le pouvoir sont profondément discréditées et divisées. Le cas le plus dramatique semble être celui de l’USFP. Le double langage, l’attentisme et le faux-fuyant peuvent-ils constituer une stratégie de «containment» de la vague de contestation politique et sociale ? Autrement et pour être plus clair, si l’Institution monarchique a accepté de faire son aggiornamento constitutionnel, la classe politique et ses structures peuvent-elles rester en dehors de l’équation et maintenir le statu quo ante? La réponse rapide à cette question engage immédiatement leur avenir.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *