Éditorial

C’était prévisible, le fossé entre le mouvement du 20 février qui porte au Maroc les aspirations de la jeunesse pour le changement et ses alliés d’un arc contestataire improbable va se creuser davantage au fur et à mesure que la définition du Maroc de demain avancera. Deux éléments puissants vont finir par éroder les positions opportunes. Le rôle de la religion dans la société et l’idée de nation. Pour le premier point, il est clair que les exigences démocratiques de la jeunesse pour une société laïque, où les hommes et les femmes sont égaux et où la «sacralité» porte plus sur la liberté de conscience et les libertés individuelles que sur le pouvoir lui-même, posent un gros problème avec les Adlistes. Sans rentrer dans les détails — domicile de prédilection du diable — quand les uns souhaitent un nouveau leadership pour la femme marocaine enfin dé-infantilisée, les autres veulent la voiler et la cloîtrer. C’est une question de fond que l’euphorie actuelle cache mal et que les observateurs internationaux cachent, pour des raisons obscures, à leurs lecteurs.  Pour le deuxième point, l’idée de nation, la question est aussi grave. Annahj Addimocrati s’est empressé d’aller au Parlement européen  — un lieu où «l’antimarocanisme»  est souvent primaire  — tirer les dividendes, ou toucher les bénéfices, derrière le dos des jeunes, de son incubation du mouvement du 20 février marocain. C’est tout simplement choquant. Qu’Abdellah El Herrif et ses amis soutiennent le Polisario, et militent avec leurs amis qui tiennent le pouvoir à Alger,  pour l’amputation du tiers du territoire national est une chose, mais présenter le mouvement du 20 février et celui du 20 mars comme l’expression d’un alignement de la société marocaine sur leurs thèses séparatistes en est une autre. Le temps de la clarification est venu.

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