Éditorial

La manière dont le Mouvement du 20 février gère, aujourd’hui, l’invitation faite par la Commission de réforme constitutionnelle pour écouter les revendications des jeunes est insuffisante. Elle dénote d’une vraie faille dans la gestion politique, si elle existe, du mouvement. Et montre également une absence d’expérience — ce qui est naturel — dans la gestion des conflits organisationnels ordinaires dans des structures « informelles » de cette nature. Deux points à souligner. 1) Les auteurs d’un communiqué de boycott, les jeunes de Rabat-Salé-Témara ont le droit de ne pas se présenter devant la Commission Mennouni, ils sont libres de le faire. Mais ont-ils le droit d’interdire à tous les jeunes du mouvement où qu’ils soient dans le pays de le faire en les menaçant d’exclusion, d’excommunication,  du 20 février ? Le procédé n’est pas très démocratique. Il fait un peu Maroc ancien. 2) Les arguments avancés pour ce refus doivent être sérieux au moins pour ce qui concerne les jeunes de Rabat et ses environs. Exprimer librement son refus de participer est une chose, l’imposer par voie de communiqué aux autres en est une autre. Mais dire que la Commission de réforme de la Constitution ne représente pas la volonté du peuple est une autre affaire. Il faut en débattre, encore une fois, plus sérieusement. Cela reviendrait à dire que seule la section de Rabat des jeunes du 20 février — une assemblée constituante ? — représente la volonté du peuple marocain.

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