Éditorial

Un argument commence à peser très lourd dans le débat public. Il a émergé dans le sillage des manifestations du 20 février. Mais ce débat  était animé depuis très longtemps par une fraction de la société civile et médiatique. Au Maroc, il y a un discours antiparlementaire et anti-partisan bien enraciné. Il a souvent servi à combattre la démocratie. Et il a aussi servi à justifier toutes les expérimentations politiciennes depuis l’indépendance à ce jour. Mais ce dont il s’agit n’est pas de la même eau. La question est, désormais, simple. Est-ce que les partis politiques marocains sont aujourd’hui capables de faire vivre la nouvelle Constitution y compris dans sa dimension régionale en fournissant les élites nécessaires à la vie des nouvelles institutions ? La réponse à cette question est souvent négative. Et cela crée un stress et une frustration immenses. La conjoncture actuelle est plus interrogée, chahutée si l’on peut dire,  par cette donnée stratégique que par la nature perfectible du futur texte constitutionnel. Monarchie parlementaire ou constitutionnelle ? Peu importe, mais quel est le personnel politique qualifié pour faire vivre immédiatement, du centre à la périphérie, la nouvelle démocratie marocaine. Sur la trentaine de partis politiques, il faut faire le tri. Moins de dix correspondent aux normes d’une transition académique. Le reste doit se recycler probablement dans des pôles ou des alliances. Mais ce qui n’est pas recyclable, c’est un leadership frappé de caducité et d’obsolescence qui s’accroche. Il faut trouver un système consensuel, comme parfois on sait le produire dans ce pays, pour accélérer la rotation d’une élite partisane dépassée par les évènements. Nous ne sommes pas des intégristes du «jeunisme», mais il faut qu’elle cède la main.

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