Éditorial

La chute de Laurent Gbagbo est lamentable. Une fin aussi minable aurait pu être évitée si l’ex-président ivoirien s’était plié aux règles de la démocratie élective et avait cédé, dès l’annonce des résultats, son fauteuil à Alassane Ouattara qui l’avait battu clairement lors des dernières présidentielles. Il a refusé. Il a été chassé du pouvoir dans des conditions assez indignes. Laurent Gbagbo avait fini, ou commencé, par faire l’unanimité internationale contre lui. L’ONU, l’UE, l’UA, la CEDAO, etc. Tous les sigles possibles et imaginables de tous les machins du monde  lui avaient signifié à temps la nécessité pour lui de partir vite. Le reste est à présent connu. Des centaines de morts après, quelques pogromes plus tard, les images du visage défait de Laurent et de la mine effondrée de son épouse Simone, une ultra du régime, ont fait le tour du monde. Ces images ont marqué les consciences. Maintenant la victoire laborieuse d’Alassane Ouattara n’est que plus difficile à gérer, sutout moralement. Il doit être à l’avenir irréprochable. Ses partisans ne sont pas des enfants de chœur. La victoire ne doit pas absoudre ceux d’entre eux qui se sont rendus coupables de crimes contre l’humanité. Ils doivent être jugés au même titre que les «gbagbistes». Mais l’affaire de la Côte d’Ivoire demeure, quand même, assez  étrange. Est-ce qu’à chaque fois qu’en Afrique ou ailleurs, des élections se passent mal les Nations Unies sont prêtes à envoyer les troupes ?  Est-ce que la force française Licorne — le bras militaire flamboyant de la Françafrique  — a désormais une compétence continentale légitime pour imposer par la force les résultats aléatoires des urnes africaines poreuses ?  Personne ne sait. Même pas à l’Elysée.

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