Éditorial

Nos amis d’Alger ne semblent pas évaluer la conjoncture régionale d’une manière pertinente. Cette absence de perspicacité d’un pouvoir qui a toujours été rapide à la détente— ou de la gâchette, c’est selon — est intrigante à plus d’un titre. Le discours de Bouteflika à la nation algérienne a été plus perçu comme un long bulletin, de vingt minutes, très peu rassurant sur la santé du président qu’une ouverture politique qui engage l’avenir. Sans conteste le pouvoir d’Alger est malade et il ne saisit pas véritablement les enjeux des vents de démocratisation qui soufflent actuellement sur le monde arabe. Fermeture, rigidité, réaction tardive, projection vers le passé, etc. Cet autisme obère l’avenir du Maghreb. Cet avenir ne peut être envisagé avec un leadership si «décalé». La faiblesse d’analyse touche aussi le dossier hypersensible de la sécurité régionale notamment au Sahel. Trois points sont à souligner. 1) L’engagement des mercenaires du Polisario, établi maintenant, avec Mouammar Kadhafi aggrave davantage la crise sécuritaire dans la région. 2)Le déverrouillage sécuritaire de la région sahélo-saharienne du fait de la guerre libyenne et la prolifération des armes suite au sac des arsenaux du colonel constituent, aujourd’hui, une réalité sur laquelle travaillent tous les services de sécurité sauf le DRS algérien qui continue à fonctionner sur une feuille stratégique obsolète. 3) La neutralisation du projet RASD, tel qu’il a été planifié à Alger dans les années 70, est à présent totale sur le plan international. L’ONU elle-même organise le consensus sur la question autour de l’offre marocaine de l’autonomie. Seul le pouvoir algérien finissant continue à «courir» pour un référendum comme un coq court, quelques mètres encore, après que sa tête ait été tranchée. Tout cela est affligeant. Vivement demain.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *