Éditorial

La thèse conspirationniste s’est effondrée. Les services de sécurité marocains soutenus par leurs homologues français, américains et espagnols sont venus à bout assez vite de l’enquête sur l’attentat de Marrakech. Quelles sont les principales leçons à tirer de cette réalisation exceptionnelle. 1) La professionnalisation des services marocains peut désormais leur permettre de mener à bien des enquêtes complexes tout en restant dans un cadre éthique déterminé par l’état de droit et les principes des droits de l’Homme. C’est, donc, possible. 2) Le tropisme maladif d’une fraction de l’opinion publique dite éclairée qui consiste à voir tout évènement dramatique que vit le pays sous l’angle de la thèse de la conspiration est devenu ridicule et honteux. La haine de soi — un négationnisme local — peut justifier tous les écarts mais pas à ce point. 3) La dissémination de la culture terroriste d’Al Qaïda est réelle. Elle permet, aujourd’hui, une mise en œuvre des attentats assez autonome— les techniques sont disponibles et rodées — et offre surtout la possibilité de toutes les manipulations y compris celles de services étrangers. Que l’AQMI réagisse comme une banale entreprise contrariée dans sa communication par le truchement d’un simple communiqué de presse pour démentir un attentat terroriste meurtrier laisse rêveur. Cela ressemble à une gestion pour compte — coupez les fils qui mènent à moi! — surtout quand on connaît assez bien l’ADN et l’historique de cette organisation. Autant de scrupule moral, tout à coup, sous forme de dénégations «déontologiques», n’est pas très crédible. Faut-il voir en cela une confirmation en creux ?

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