Éditorial

La révision des listes électorales engage tout le processus de réforme politique en cours. Or, aujourd’hui, on ne sent aucune mobilisation pour cette étape décisive. C’est un vrai problème. L’étape de l’inscription sur les listes électorales est la première brique — peut-être même l’essentielle — dans la construction du mur de la démocratie. Nos politiques semblent négliger ce point. Ils négligent tellement de choses. Nos médias publics sous-estiment l’évènement. Cela fait longtemps qu’ils ont décroché. Et nos révolutionnaires du 20 février, enivrés par leurs slogans, — de plus en plus anarchistes — se soucient peu de cet enjeu. Ils doivent probablement trouver que c’est ringard de s’inscrire sur les listes électorales pour pouvoir voter et peser dans une démocratie, même en gestation. Si ceux qui appellent au changement n’y contribuent pas, cela pose un problème de fond. La crédibilité de leur démarche est atteinte. Occuper la rue est une chose, être présent dans les isoloirs le jour du scrutin c’en est une autre. La lutte contre le trafic électoral, le commerce des voix, la lutte contre l’abstention, etc. ce ne sont pas des discours de lendemains d’élection. C’est en amont du fait électoral que ces choses-là se règlent. La vraie menace qui pèse aujourd’hui sur la transition marocaine c’est la non maîtrise du fait électoral dans sa globalité. Malheureusement, s’il n’ y a pas un sursaut national nous courrons droit vers un échec majeur. On peut avoir une Constitution new-look mais elle ne servira à rien si elle est rabaissée par des élections «pourries».

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