Éditorial

L’opération de blanchiment moral et judiciaire des salafistes commence à avoir des répercussions graves sur la société. Qui va y mettre le holà ? Ce que nous sommes en train de vivre, notamment dans les prisons, est ahurissant. Tous les salafistes condamnés pour des faits graves notamment de terrorisme et détenus actuellement dans les prisons se considèrent, par une opération du Saint-Esprit, comme libérables de plein droit. Pis, ils se considèrent, tous,  comme des prisonniers politiques innocents des faits pour lesquels ils ont été condamnés. Par la violence aveugle dans les prisons, ils veulent imposer une grâce immédiate et totale. C’est insensé. Comment est-on arrivé là ? Trois raisons probables. 1) Les erreurs judiciaires commises en cascade dans le dossier Belliraj, notamment pour ce qui concerne les six hommes politiques impliqués, ont redonné corps et substance dans le pays à la notion de prisonnier politique qui s’était énormément atténuée après les travaux de l’IER. 2) Les islamistes marocains, même ceux qui ont pignon sur rue, ont accrédité l’idée, par un effet de levier vicieux,  — et profitant d’un «vingt-févrierisme» larvée qui profite plus aux adlistes qu’aux hommes de progrès —  en affirmant que puisqu’il y a eu des innocents parmi les salafistes cela veut dire que tous les salafistes sont innocents. Libérez-les tous et le  bon Dieu reconnaîtra les siens ? Il fera donc le tri. Cela n’est pas l’Etat de droit. 3) Les négociations pour l’amélioration des conditions de vie des salafistes en prison ont été détournées de leur vocation essentiellement droit-de-l’hommiste. Par une sorte de flou, plus ou moins habilement entretenu y compris par le pouvoir, elles sont devenues des négociations politiques. C’était une erreur. Elles ont créé une telle attente chez les détenus que ceux-ci aujourd’hui basculent dans la violence considérant que le rapport de force est en leur faveur. Ils ont tort. Maintenant, il faut «professionnaliser» — donc dépolitiser — les discussions avec les salafistes et les recentrer sur la question de l’humanisation des conditions de détention. C’est vital.  C’est le rôle essentiellement du CNDH. Pour le reste, il faut contrer politiquement  le révisionnisme salafiste sous toutes ses formes.

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