Éditorial

L’implication, désormais, avérée des mercenaires du Polisario dans le soutien à Mouammar Kadhafi n’a pas encore eu toutes les conséquences diplomatiques et politiques souhaitées de notre point de vue. L’expression «mercenaires du Polisario» que d’aucuns considéraient comme une figure de rhétorique marocaine dans la guerre légitime pour la défense de l’intégrité territoriale du pays a trouvé aujourd’hui toute sa densité sémantique, sa valeur historique et son sens profond. Voilà des gens, qui dès 1974, ont vendu leur pays pour une cause qui n’est pas la leur— ils se sont mis au service du pouvoir algérien —, et ils continuent, aujourd’hui, pour les mêmes motivations à se vendre pour une cause indigne : écraser le peuple libyen qui veut se libérer du joug d’un dictateur sanguinaire poursuivi par la Cour pénale internationale. Devrions-nous, encore, nous asseoir à la même table que ces gens-là à Manhasset? Sont-ils encore qualifiés pour ce processus, vital pour l’avenir de notre région, qui exige un minimum d’exigences éthiques comme celles, et c’est la moindre des exigences, de ne pas avoir été complices ou, pis, acteurs dans des crimes contre l’humanité ? La modification des données stratégiques à la suite du printemps arabe, l’alignement moral, militaire et logistique du pouvoir algérien actuel sur le dictateur de Tripoli, l’enrôlement des mercenaires du Polisario dans l’extermination du peuple libyen devaient inviter les promoteurs du processus de Manhasset à un peu de circonspection. Ils ne peuvent pas faire comme si de rien n’était.

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