Éditorial

Sur cette même colonne, nous avons appelé, maintes fois, les jeunes du 20 février à l’émancipation, et à la maîtrise de leur destin, face à ceux qui détournent sciemment leur juste cause de ses objectifs de dignité, d’égalité et de respect. Aujourd’hui, le Mouvement du 20 février sous sa forme originelle est mort. Le mouvement intelligent, sensible, égalitaire et respectueux de ce qui fonde, au-delà de toutes les différences, la Nation marocaine et ses institutions multiséculaires fédératrices est fini. Liquidé sous les coups de boutoir de la fourberie Adliste, de l’entrisme Altermondialiste et de la «takia» criminelle Salafiste. Les trois côtés du puissant triangle de la manipulation et de l’instrumentalisation. La Jamâa d’Al Adl Wal Ihssane (JAWI) qui attendait une «kawma» née des élucubrations de son leader illuminé a trouvé la panacée universelle dans le Mouvement du 20 février. Les militants JAWI y pèsent de tout leur poids avec leur référentiel radical, leur intégrisme définitif et leur politique de la terre brûlée. Ce sont eux qui font, aujourd’hui, en nombre, face aux forces de l’ordre avec leur violence congénitale et leurs provocations connues. Deux options s’offrent aux pouvoirs publics : les contrer par l’Etat de droit en exigeant que la protestation sociale pacifique se fasse selon les critères de la démocratie et non de l’Anarchie ou leur donner les clés de la rue et démissionner de toute responsabilité publique. Un choix semble avoir été fait. JAWI dirigera ce pays, si cela devait advenir, qu’à Dieu ne plaise, quand il se sera conformé à quelques règles majoritaires et préalables en démocratie. Pas comme cela. La même analyse s’applique à nos amis d’Annahj Addimocrati, des activistes d’extrême gauche, qui voient dans le 20 février une mère porteuse providentielle susceptible de leur faire rencontrer le peuple qu’ils cherchent, désespérément, sans succès, depuis plusieurs décades. Un activisme minoritaire, sectaire, bruyant qui est obligé de montrer, aujourd’hui, son vrai jour nihiliste. Enfin, le recyclage du salafisme jihadsite, dans sa version carcérale, dans le mouvement du 20 février est un tour de passe-passe, pas très clair, réalisé par quelques commentateurs de l’islamisme parlementaire qui voit dans ce « blanchiment » miraculeux une occasion de se refaire une virginité doctrinale vis-à-vis des cheikhs et des frères qui voient d’un mauvais œil leur lune de miel avec un pouvoir impie et scélérat. Sous le motif fallacieux, et intellectuellement faible, de construire la confiance — avec qui ? — ils mettent de l’huile sur le feu en refusant d’assumer clairement leur responsabilité et en assimilant toute critique de leur « déviance » actuelle comme une résurgence douloureuse de l’approche sécuritaire à leur égard.

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