Éditorial

En Algérie, les habituels commentateurs inspirés se posent une question de fond : «A quoi joue le Maroc ?». Ils semblent de plus en plus gênés par les informations qui impliquent clairement l’Algérie et le Polisario dans le drame libyen. L’entrée en action d’un cabinet américain, Foley Hoag LLP, pour arranger les choses semble plus être une manœuvre désespérée pour noyer le poisson qu’une tentative sérieuse de rétablir la vérité. Mais que nos amis se rassurent, la question n’est pas une simple affaire de communication ou de lobbying. Le dossier est instruit par l’OTAN, et il est accablant. Quand le lobbyiste algérien, Gare Smith, avance au sujet des mercenaires «que même si des Algériens avaient été capturés par des rebelles libyens, cela ne prouve rien quant à la position du gouvernement algérien à l’égard de la Libye», l’on voit bien qu’il ménage ses arrières. Maintenant cet accrochage reste un événement banal dans les relations heurtées entre les deux pays au niveau international. C’est quand le Premier ministre algérien entre dans la danse que les choses deviennent intéressantes. C’est du pur marchandage oriental. «Ces derniers temps on observe des déclarations de l’agence officielle marocaine et une agitation du lobby officiel marocain aux Etats-Unis pour vouloir impliquer l’Algérie dans l’envoi de mercenaires en Libye, dans l’envoi d’armes en Libye. Ce genre de choses ne sont pas des facteurs qui aident à l’ouverture de la frontière», affirme Ahmed Ouyahia. Cela fait plus de 35 ans, comme il le dit joliment, que les facteurs n’aident plus et que le pouvoir algérien est entré dans un obscur et long tunnel dans lequel il a perdu le sens de toute réalité. Entre les facteurs qui aident et ceux qui n’aident pas, c’est la vraie lutte de clans finissant  autour du pouvoir en Algérie qui s’exprime d’une manière affligeante pour ce pays frère.

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