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Éditorial

Nous avions pensé que le chantier constitutionnel au Maroc ouvert par le discours royal du 9 mars 2011 allait être accompagné d’un débat à forte vitalité politique et à grande valeur ajoutée démocratique. Nous avions eu tort. Nous n’avons rien eu de tout cela. Sauf deux choses bien décevantes. 1) Le refus du Mouvement du 20 février — en fait, un boycott de la Commission Mennouni — de se «compromettre» dans la réforme constitutionnelle a fermé à ce mouvement tout débouché politique. Là où comme en Egypte et en Tunisie les jeunes sont devenus des acteurs du changement, ils ont pesé sur le cours des évènements par leurs idées, chez nous ils sont devenus des exécutants d’agendas et de slogans anciens et obsolètes comme ceux des intégristes de JAWI et des activistes d’Annahj. La confrontation avec les forces de l’ordre était alors programmée. 2) La classe politique traditionnelle, puisque le Mouvement du 20 février n’a pas eu d’extension politique, s’est acquittée de son devoir de contribution à la nouvelle Constitution comme d’une formalité sans véritable enjeu. Les copies dans l’ensemble étaient plates. Sans saveur ni odeur. La raison de ce fiasco est simple. Soit ce sont des formations politiques non autonomes qui n’ont jamais appris à réfléchir par elles-mêmes. Soit dans le cas contraire, où les partis étaient de vrais partis, aucun ne voulait prendre le risque de mettre le curseur de l’échelle du changement à un niveau qui n’était pas politiquement correct. Le résultat est le même. Quelle est la prochaine étape ? Abdeltif Mennouni va rendre sa copie au Souverain. Va-t-on avoir un vrai débat ? A part les manœuvres d’obstruction prévisibles et les surenchères réversibles, ceux qui n’avaient pas, ou peu, d’idées vont-ils subitement en avoir suffisamment pour faire vivre un vrai moment politique à la Nation? Il est permis d’en douter. A moins que les médias nationaux saisissent la chance de leur vie pour démontrer définitivement leur utilité en accompagnant avec exigence et talent cette réforme cruciale.

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