Éditorial

Dire «Oui» au projet de réforme constitutionnelle suffit-il pour un parti politique ? La réponse est clairement non. Il ne suffit pas, effectivement, que les organes exécutifs des partis politiques — je ne parle pas ici de ceux qui boycottent — nous présentent comme un trophée extraordinaire, une victoire contre l’adversité, leur adhésion « exceptionnelle » au projet constitutionnel. Ce n’est pas ce qui est attendu d’eux. Il faut qu’ils aillent à la rencontre des Marocains, qu’ils les mobilisent, et qu’ils leur expliquent livre par livre, titre par titre, article par article le contenu du texte fondamental, ses nouveautés, ses avancées, ses progrès et ce qui fait que cette Constitution fera de notre pays, tout simplement, et en restant dans le périmètre du printemps arabe, la première démocratie du monde arabe. Pour arriver à cet objectif majeur, les leaders actuels des partis politiques devraient aller à la rencontre des gens avec courage, détermination et esprit offensif. C’est à ce prix que la confiance en la politique, et les hommes politiques, peut être rebâtie. Que le lien social peut être reconstruit. Et que l’abstention morale qui frappe durement notre vie politique peut être atténuée. Des leaders politiques sont parfois, ces derniers temps, chahutés lors des meetings par des citoyens mécontents de la classe politique et du rendement de la vie partisane. Il faut dépasser avec ténacité cette adversité et montrer aux sceptiques que cette page de la faillite de la politique — et de l’instrumentalisation de la politique pour mieux la discréditer — va, certainement, et c’est notre espoir, être définitivement tournée par la Constitution de 2011.

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