Éditorial

«Je ne vais pas aller voter au référendum car je ne vois d’intérêt à aller le faire», cette idée est la plus dangereuse qui menace les fondements politiques de notre pays depuis le début des années 90 qui ont vu le Maroc commencer à marquer progressivement de l’intérêt pour la démocratie et les droits de l’Homme. Il y a 3 raisons qui font de cette idée — une non-idée peut-être —un danger civique. 1) Ce n’est pas l’expression d’un point de vue. C’est juste rien. En démocratie pour qu’un point de vue, une position ou une conviction existe, il faut qu’il soit comptabilisé formellement. A ce titre le vote «Non» ou le vote blanc sont d’authentiques expressions d’un désaccord politique et une vraie formulation d’une position citoyenne. 2) Elle nie l’évènement. Elle ne prend pas acte de l’existence d’un nouveau projet de Constitution, ce faisant elle fait l’économie de sa lecture, de son analyse ou de son commentaire. Je ne vois pas d’intérêt parce que rien n’existe. Un déni qui a un seul avantage, il exonère de tout effort intellectuel d’argumentation ou de construction d’une pensée. C’est un «cogito» à l’envers. Je ne pense pas donc j’existe. 3) Le fait de ne pas prendre une position politique démocratique en votant sur le projet de nouvelle Constitution — toutes les options existent pour marquer son accord ou son désaccord — disqualifie proprement ses auteurs de la participation à la construction démocratique. Le différend est de taille : c’est le texte fondamental de la Nation lui-même, le référentiel démocratique absolu. Ce n’est pas rien.

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