Éditorial

Le 25 novembre 2011 restera, sans nul doute, une date importante et charnière dans l’histoire du Maroc moderne. En plus du fait que le Parlement constitue l’une des institutions fondamentales du système, ces élections interviennent à un moment où le champ partisan connaît manifestement la recomposition attendue et souhaitée depuis longtemps pour lutter contre la balkanisation. Ensuite, parce qu’il s’agit du premier rendez-vous du citoyen avec les urnes sous l’ère de la nouvelle Constitution. Le contexte dans lequel s’est déroulée cette transformation de fond de notre système constitutionnel est celui d’une vague de bouleversements spectaculaires que connaît toute la région arabe et maghrébine. Il s’agit du Printemps arabe qui a emporté dans son sillage les régimes de Ben Ali en Tunisie, celui de Moubarak en Egypte, qui a eu raison du dictateur libyen Kadhafi et aussi dont les conséquences continuent de secouer les régimes syrien et yéménite. Que n’avons-nous pas lu et entendu comme supputations sur un potentiel effet domino sur le Maroc. A l’évidence, ce scénario de «révolutions en cascade» n’est pas venu à bout du modèle social et politique marocain, en raison de ce que certains ont qualifié d’exception marocaine. Une exception qui trouve ses racines dans l’histoire récente et lointaine du Maroc lequel  a su négocier une transition faite d’événements restés ancrés dans la mémoire collective de tous les Marocains. C’est pourquoi ce rendez-vous du 25 novembre constitue une ligne de démarcation dans la genèse du système politique marocain. La nouvelle Constitution a apporté tous les attributs d’une démocratie proprement marocaine marquée par la bonne gouvernance, la participation de tous, la parité des droits et des obligations, la culture de la reddition des comptes, la consécration des droits humains et la séparation des pouvoirs, etc.
Les électeurs qui ont suivi, chacun selon sa sensibilité, la campagne électorale pour ces législatives, auront donc à faire un choix déterminant pour élire ceux qui auront la lourde responsabilité de donner un prolongement concret aux grandes innovations du futur paysage constitutionnel et organique du pays. Ce sont ces mêmes citoyens qui ont tenu, lors du référendum pour la Constitution du 1er juillet 2011, à exprimer leur volonté de porter ce changement salutaire pour le Maroc du 21ème siècle.
C’est à ce rendez-vous avec l’Histoire que les Marocaines et les Marocains auront à dire leur engagement volontaire pour que le changement, tant voulu et appelé de tous leurs vœux, devienne tangible en apportant les transformations structurelles qui feront véritablement du Maroc une exception au sens fort du terme. C’est aussi tout le sens que nous devons donner à cet engagement citoyen pour l’après-25 novembre.

  Par la Rédaction

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