Éditorial

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Même s’il est aux commandes de la majorité depuis plus de huit mois, le parti du chef de gouvernement semble, par moment, développer une nostalgie pour les longues années qu’il a passées dans l’opposition. C’est notamment visible à travers les réflexes, les techniques de plaidoyer et les types d’argumentaires que nous sortent, de temps à autre, les ministres du PJD ou encore le mode opératoire des militants du parti. Parmi les techniques les plus prisées, la victimisation. C’est le cas, par exemple, avec les militants pjdistes de Tanger qui crient au scandale pour ne pas avoir été autorisés par les autorités de la ville à tenir un rassemblement sur la voie publique. Lesquelles autorités relèvent bien entendu du ministère de l’intérieur qui fait partie d’un gouvernement dont le PJD est le chef de file. Mais la manœuvre du PJD est, cette fois-ci, plus insidieuse car elle permet au parti de faire d’une pierre plusieurs coups. En plus de se poser comme la victime éternelle de l’administration, le parti, volontairement ou non, démontre qu’il ne bénéficie pas d’un quelconque traitement de faveur même s’il dirige la majorité et, enfin, que le chef de gouvernement, contrairement à ce qui devrait se passer, n’a aucune emprise sur son ministre de l’intérieur. Bien que tout bénef pour le parti, en laissant ses militants agir de la sorte, Abdelilah Benkirane fait lui-même ce qu’il reproche aux autres, à savoir décrédibiliser la majorité.

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