Éditorial : Ligne verte

La sécurité spirituelle est une donnée fondamentale de la stabilité politique et sociale marocaine. Toute atteinte à cette sécurité met en danger l’ensemble de l’édifice institutionnel du pays. C’est avec cette grille de lecture qu’il faut appréhender la récente crise maroco-iranienne. Là, il n’est plus question d’aménager des espaces de tolérance, de respect, de vie en commun où les différences peuvent légitimement s’exprimer en démocratie. Ce n’est plus le souci de l’autre dans son irréductible altérité. Et ce n’est plus, finalement, un test de résilience ou de plasticité que l’on fait subir à une jeune démocratie — tentée, elle-même, parfois, par la régression — pour savoir quel est le degré de son enracinement politique et culturel. Non. Ce dont il s’agit, et le communiqué du ministère des Affaires étrangères est explicite dans ce sens, c’est d’une atteinte à la souveraineté spirituelle et religieuse du pays. L’Iran par le truchement de sa représentation diplomatique, et de ses connections locales obligées, ayant dépassé toutes les lignes vertes. Le prosélytisme chiite surfe, aujourd’hui, sur une vague — un tsunami ? — qui le rend «dominateur et arrogant» notamment à l’égard des nations sunnites. Faire face à cette vague, si cela est toujours possible, relève de la stricte légitime défense. Pour d’autres pays, notamment dans le Golfe «persique» cela est déjà trop tard. La responsabilité historique et multiséculaire du Maroc — et du Commandeur des croyants — , en tant que pôle continental d’un sunnisme de paix et de concorde, rayonnant sur toute l’Afrique du Nord-Ouest, et au-delà, est de refuser, de toutes ses forces spirituelles, de la manière la plus honnête et la plus loyale, cette hégémonie chiite déstabilisatrice.

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