Éditorial : Marchandage

Si nos relations internationales doivent être en permanence régies par un principe de précaution lié à l’affaire du Sahara, il nous sera, alors, difficile d’avoir une diplomatie autonome et, surtout, une existence aussi respectée que sereine dans le concert des nations. Je m’explique. A l’occasion de la récente crise avec l’Iran qui s’est soldée par une rupture des relations diplomatiques, d’aucuns pensent — un surdimensionnement de la capacité de nuisance actuelle de l’Iran — que nous aurions pu adopter un profil plus bas pour sauvegarder nos intérêts au Sahara. Cette analyse, nous semble-t-il, est construite sur un ressort défaitiste, voire capitulard. Elle fait douter inutilement de la légitimité de notre cause qui, elle, n’est pas tributaire d’alliances conjoncturelles ou d’aléas diplomatiques. Les raisons de cette erreur d’appréciation sont simples. 1) Le respect de la souveraineté marocaine et le souci impérieux de son intégrité autant spirituelle que territoriale ne peuvent relever d’aucune logique de marchandage, ni de chantage. Cela doit être clair autant pour nos amis que pour nos adversaires. 2) La responsabilité morale d’une nation, qui a, justement, une responsabilité religieuse continentale, ne se mesure pas, et c’est une évidence, sans un sens réel du sacrifice et un profond attachement à l’intérêt collectif. Il serait amoral de croire que ceux-là mêmes qui appellent, aujourd’hui, à l’unité de la Oumma pourraient comploter contre ses valeurs et son intégrité territoriale. 3) Dans l’affaire du Sahara, et c’est accessoire de le rappeler, quand on a, injustement, contre soi l’Afrique du Sud de Nelson Mandela, une autorité morale, sans que l’on cède un pouce de terrain, ce n’est pas l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad qui peut contrarier le cours de l’Histoire. La question du Sahara est entre les mains des Nations unies et la communauté internationale veille, depuis 35 ans, à ce que ce dossier soit traité dans ce cadre exclusif. A moins de choisir l’aventurisme politique ou l’expression terroriste — qui sera traitée, alors, comme telle —, les théocrates d’Iran, déjà au ban de la société internationale, ne peuvent agir d’une manière significative sur cette question.

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