Éditorial : Salafiya

Le terrorisme sunnite, depuis Oussama Ben Laden et ses avatars internationaux jusqu’aux cheikhs de l’insurrection irakienne, libanaise ou palestinienne à Gaza, a réduit à néant la cause qu’ils entendaient défendre — une improbable libération de la nation musulmane — et ouvert une brèche historique face au chiisme rédempteur. L’affaire de Bahreïn, entre le Maroc et l’Iran, semble être une péripétie passagère. Le fond du problème c’est que les autorités marocaines viennent, récemment, de se rendre compte que le prosélytisme chiite fait des ravages dans la société marocaine y compris dans la sphère politique et médiatique. Un effet collatéral du vent de liberté qui souffle sur notre pays. La stratégie iranienne au Maroc est hyperactive, directe et frontale. L’enceinte diplomatique sert de plaque tournante. Le recrutement des élites se fait en plein jour, et il est assumé, par les uns et les autres, puisqu’il a une visibilité ostentatoire. L’expression militante de l’enrôlement se cache mal, ou à peine, derrière la banalité de l’expression d’une opinion que permet, par ailleurs, naturellement, la démocratie marocaine. L’affaire est grave et c’est aux responsables de trouver la solution. Les cheikhs de la Salafiya marocaine en cours de recadrage théologique — rupture avec la violence et le jihad, normalisation avec la monarchie, acceptation de la diversité sociale, etc. — peuvent-ils jouer un rôle dans la protection ou l’immunisation du sunnisme marocain contre cette vague chiite irrésistible ? C’est, probablement, possible en temps de paix «cultuelle». Pas en temps de jihad takfiriste contre la société et l’Etat. Il n’empêche que cette «union sacrée» ne peut être envisagée sur le plan stratégique que si le plan de «containment», ou d’endiguement, de l’idéologie wahabite atteint ses objectifs.

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