La défaite de la guerre

La défaite de la guerre

Ce que Chirac est en train de faire pour la paix dans le monde force le respect. De son côté, la manière dont Dominique de Villepin met en musique la politique étrangère actuelle de la France laisse également admiratif. Propos d’Arabe, un peu antisémite par tropisme pro-palestinenien, grossièrement anti-américain par fatalité anti-impérialiste ou finalement un franc délire francophile savamment entretenu par une acculturation néo-coloniale. Rien de tout cela. Les choses sont actuellement plus complexes que toutes les idées reçues du monde. Et, justement, en ces temps de simplification belliciste, qui frise l’imbécillité, la complexité, celles des idées, vient au secours de la paix. Et c’est tant mieux.
Que signifie, aujourd’hui, le fait que la primauté de la paix, celle de l’intelligence des hommes, et celle de la légitimité internationale doivent nécessairement s’opposer au recours frivole à la force, à la projection inutile de puissance et à des guerres aussi gratuites que hasardeuses ? Cela signifie, simplement, pour nous, qu’une nouvelle humanité portée par des désirs parfois contradictoires, souvent désordonnés, est en train, malgré tout, de naître. C’est une espérance inédite. Le plus choquant dans cette dynamique à laquelle nous voulons sincèrement croire, c’est que George W Bush, le président actuel des USA, exclut sévèrement et d’une manière caricaturale son pays de cette heureuse évolution du monde.
La France de Chirac et l’Allemagne de Shröder ont eu le courage politique et intellectuel de marquer leur désaccord avec leur vieil allié américain pour donner une vraie chance à la paix. L’administration de Bush leur répond, quant à elle, par une obstination guerrière à travers laquelle la fatuité de la puissance militaire et une conscience très étroite des intérêts nationaux le disputent aux analyses les plus limitées et aux bravades les plus puériles. Maintenant que le monde défile contre la guerre, que vont faire les experts aux courtes vues de Washington qui sont en train de donner de leur pays une image haïssable et exécrable aux antipodes de ses vraies valeurs ? Ils iront plus loin dans l’ignominie, c’est sûr. Qui les en empêchera? Personne.
C’est cette solitude américaine et sa volonté unilatérale d’imposer la guerre au monde qui effrayent. C’est cette surpuissance militaire engagée dans un délire paranoïaque par un président notoirement obsédé par des faits d’armes aventureux qui fait peur. Et c’est cette lourde machine emballée que personne ne semble pouvoir arrêter qui, aujourd’hui, terrorise « institutionnellement » le monde tellement les conséquences de ses dérives sont néfastes et incalculables.
Nous ne sommes plus à analyser les motivations de guerre de Bush. Elles sont nombreuses et nous laisserons les spécialistes continuer à ergoter sur leur validité. Non, nous sommes aujourd’hui, après le sursaut pacifiste universel que nous avons connu samedi dernier, réduits à mesurer l’ampleur de l’irrationalité dangereuse qui sert dans l’irresponsabilité totale de stratégie à George W.Bush. C’est le plus inquiétant pour l’avenir, si avenir il y a.

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