La démocratie doit gagner

La démocratie doit gagner

À un jour des élections, les jeux sont pratiquement faits. Les candidats et leurs partis ont fait le maximum pour faire valoir leurs idées et défendre leurs chances pour peser sur le cours des évènements. La campagne tire à sa fin et l’on peut supposer, du moins on l’espère, que le plus gros du bataillon des électeurs sait maintenant à qui il va finalement accorder son suffrage.
Le ministre de l’Intérieur a fait, c’est indéniable, une bonne campagne de communication. Utile, elle a permis à l’idée de citoyenneté d’avancer en revalorisant l’importance civique du vote. Elle a aussi permis d’afficher clairement la volonté de transparence et de crédibilité des pouvoirs publics. Pour l’évaluation précise de cette campagne, n’ayant pas encore de précédent de cette qualité et de cette ampleur, elle sera difficile à faire. Il va falloir attendre le 27septembre exactement et le déroulement du scrutin pour juger définitivement de cette efficacité. Le ministère sait que sur ce point crucial il est très attendu.
Les partis politiques, quant à eux, ont été pris de court par le nouveau mode de scrutin. Chez pratiquement toutes les formations politiques, le choix des têtes liste ne s’est pas fait sans douleur. On peut constater des erreurs de casting plus ou moins graves ou scandaleuses chez tous les partis. Sur le terrain, personne ne sait encore correctement communiquer, soit sur un bilan, soit sur un programme crédible. Les voeux pieux et les déclarations, parfois sulfureuses, d’intention ont été servis à tour de bras à des électeurs médusés dans une absence d’expertise totale et un amateurisme manifeste. L’immensité des circonscriptions a aggravé ce phénomène et a favorisé l’éclosion de campagnes génériques loin de la proximité traditionnelle, souvent monnayée, avec les populations. Sur ce point précis, les candidats et les électeurs ont eu à expérimenter et à découvrir un nouveau système dans lequel, en général, les agents d’autorité ont été tenus à une bonne distance.
Sur le plan de la sécurité, à part quelques escarmouches plus ou moins graves entre partis ou de caillassage de certains candidats par une population mécontente, la situation a été contenue. Il reste que ces cas exceptionnels ne sont pas tolérables et que personne ne peut se réjouir de la violence électorale sous quelque forme que ce soit. Mais, dans l’ensemble, il n’y a pas eu de dérapage généralisé.
Maintenant, le point d’orgue de ce mouvement demeurera le 27 septembre. Cette journée précisément, celle de tous les dangers, doit pouvoir bénéficier de la mobilisation de tous pour qu’elle se déroule dans les meilleures conditions. Les électeurs, les candidats, les partis, les responsables de bureaux de vote, les pouvoirs publics doivent faire en sorte que ce jour soit le couronnement heureux d’un processus décisif qui a été long et difficile. La transition démocratique marocaine a rendez-vous ce vendredi avec son destin. Soit elle passe, soit elle casse. C’est une responsabilité collective très lourde que tous les acteurs de la vie publique doivent assumer.

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