Le choc des photos

Un achat spontané se fait vite. Évidemment. Il n’est ni calculé, ni vraiment désiré. Normal. En quelques secondes l’affaire est faite, et vous partez avec votre produit. Pourquoi ? Comment ? Il y a des centaines d’études sur ce sujet et des batteries d’enquêtes ont été mises en œuvre pour cerner le phénomène. Bref, ce n’est pas simple et, en outre, on ne va pas se casser la tête. Il y a des spécialistes pour cela.
Moi, mon problème c’est l’arnaque. Jeudi, jour de fête, 9 heures du matin. Le kiosque de la rue de Rome, à Casablanca, présente, bien en vue, le «Paris-Match» de la semaine. Une belle «couv’». Le Prince héritier Moulay El Hassan à cheval avec SM. Mohammed VI en direction du Mausolée Moulay Driss. On se dit qu’on aura affaire à un magnifique reportage, comme seul «Match» sait le faire, sur la circoncision du Prince Héritier. On achète. On feuillette. On re-feuillette. On re-re- feuillette. Rien. Pas de sujet. Pas de photos. Totale déception.
Le procédé, assez courant, ces derniers temps, chez la presse magazine française, est crapuleux. Une «couv’» locale et rien dedans. Une manière complètement abjecte de tromper le chaland.
Avant, c’était aussi malhonnête, mais il y avait au moins un sujet qui justifiait péniblement la couverture locale. On tropicalise le numéro pour faire croire au bougnoule qu’il est important. La même semaine en France, la «couv’», c’est autre chose. Mais là, il n’y a rien, strictement rien, même pas le procédé hypocrite habituel.
«Match», «Le Point», «L’Express» ont tous, un jour ou l’autre, trempé dans ce genre de combine. Chacun à son tour et chacun à sa manière. De l’escroquerie au racket, de l’hypocrisie à la mauvaise foi, mais c’est toujours malhonnête. Le mag machin fait un sujet chaud sur le Maroc. Il ramasse un maximum de publicité, souvent avec la complicité et le soutien des autorités, ravies de traiter avec des grandes puissances. Les annonceurs paient. Un papier bidon. Une «couv’» locale et tropicalisée pour les «Arabes» du coin et le tour est joué. Un traitement sous-développé pour des sous-développés. Moi, j’y vois, en plus du mépris habituel et convenu, un fond indécrottable de racisme. C’est mon sentiment. Ce n’est ni du business, ni du marketing, ni rien de respectable.
Il va falloir un jour que l’on dise merde à ces gens-là. Pour moi, c’est réglé, ça vient d’être fait. Pour vous, le seul moyen de le dire est, soit de ne pas acheter si vous sentez une embrouille ou de vérifier avant de commettre l’acte irréparable. S’il n’y a pas un minimum de respect, il ne faut jamais transiger. Le Maroc est le premier centre de profit de la presse magazine française en dehors de la France. Avant la Belgique et avant le Québec. Nous payons -c’est-à-dire nous achetons des magazines – pour avoir ce privilège. En contrepartie, on nous traite comme des moins que rien. C’est scandaleux. Mais, c’est aussi notre faute…

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