Le New Deal

Le New Deal

Les tractations entre les partis politiques vont bon train. Il s’agit de dégager une majorité parlementaire conforme aux résultats des élections législatives du 27 septembre 2002 et à la volonté de continuer la transition démocratique par les réformes et la transformation sociale. L’affaire est entendue. Autour de l’USFP, une large coalition de gauche, appuyée notamment par le RNI et le MP, semble se dessiner pour la constitution d’un gouvernement de centre gauche.
La conséquence directe de cette configuration est que notre pays possèdera, vraisemblablement, et c’est une chance, avec le PJD et l’Istiqlal sous la coupole de la Chambre des représentants, une opposition forte, expérimentée. Un véritable aiguillon démocratique qui ne manquera pas dès le premier jour de mettre le futur gouvernement devant ses lourdes responsabilités.
Cette configuration, si elle se confirme, compte tenu de la formidable demande de réforme des Marocains usés par l’attente et les atermoiements de tout genre, imposera indubitablement au nouveau gouvernement une méthode de travail précise et rapide et une approche des problèmes plus que courageuse. Le pays ne peut plus attendre. Et le prochain ne pourra exciper, désormais, d’aucune excuse pour justifier une certaine lenteur ou le report du règlement des nombreux problèmes cruciaux qui se posent.
Le deal est clair. Ce nouveau gouvernement doit pouvoir bénéficier du coaching d’un Premier ministre dans l’air du temps nouveau que nous vivons. Il doit être ambitieux pour son pays. Novateur dans sa démarche. Jeune, à l’image du pays, et courageux au point de pouvoir assumer une saine impopularité. Au niveau du Cabinet, celui-ci, à l’instar de ce qui se fait un peu partout dans les pays les plus avancés du monde, doit être rajeuni, réduit au strict minimum, expert dans ce qu’il entreprend et efficace dans son rendement. Ce n’est pas beaucoup demander pour un pays comme le nôtre.
Sur le plan de la démarche, le nouveau gouvernement doit signer la fin de l’approche consensuelle. Celle-ci ruine tous les efforts de réforme sérieuse qui peuvent être entrepris. Elle a plombé l’action du gouvernement sortant, mais elle ne peut en aucun cas obérer l’action du nouveau. Le consensus, c’est fini. La démocratie s’exprime par le vote majoritaire par lequel un gouvernement assume ses responsabilités. Sinon, il tombe.
Le vote majoritaire est le seul antidote contre les corporatismes qui minent le pays et qui sont le véritable frein à toutes les tentatives de modernisation et de transformation de notre société. Le corporatisme, sous toutes ses formes, se combat aussi par la célérité dans l’application des réformes. C’est aussi sur la gestion du temps que ce nouveau gouvernement sera d’emblée jugé. Car notre pays, désormais, n’en dispose plus et les rendez-vous sont nombreux.

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