Le syndrome de l’écrou

Le syndrome de l’écrou

En ces temps de politologies enflammées et d’analyses survoltées, les observateurs politiques doivent savoir tenir leur rang car la concurrence est très rude. Sinon, en moins de temps qu’il ne faut pour glisser un bulletin blanc dans une urne crédible (on connaissait les transparentes mais les crédibles, c’est nouveau, ça vient de sortir), vous êtes déchu. C’est pour hausser un peu le niveau de cette noble et valeureuse profession que nous allons vous livrer une analyse onomastique de notre nouvelle cuvée de députés. Nous partons de l’hypothèse qu’une étude détaillée des patronymes d’un certain nombre de nos représentants peut nous livrer le secret du scrutin que nous venons de vivre. Et que mon Dieu me pardonne.
Pour des élections libres, transparentes et crédibles, un monsieur qui s’appelle Ahmed Nichane (MNP) ne pouvait qu’être élu. On est bien d’accord. Le temps de la falsification est révolu et ce n’est pas Mohamed Kafa (USFP) qui va me démentir. Abdelkader El Benna (USFP) peut aujourd’hui parler de la saveur nouvelle de ces élections. C’est cela aussi qu’a compris l’Istiqlal, qui a réussi à faire élire Mohamed Fahim (PI) tout en préparant deux de ses députés à aller négocier. L’un, Mustapha Hanine (PI), avec l’USFP et l’autre, Ettayeb El Masbahi (PI), avec le PJD. C’est très bien ! Vous avez vite compris comment fonctionne le système.
C’est à ce sujet justement que le PJD, qui a bien analysé la sociologie électorale marocaine, met en avant aujourd’hui Soumiya Ben Khaldoun (PJD) pour nous expliquer ses prolégomènes. Mohamed Yatim (PJD) nous dirait, lui, que son parti, qui défend la veuve et l’orphelin, ne voulait à aucun moment tuer, symboliquement s’entend, le père. Sur ce point, Hassan Annajar (PJD) était clair : «On ne scie toujours que la branche sur laquelle les autres sont assis.» Mais Nouredine Karbal (PJD), malgré son pacifisme légendaire, avait une position moins nuancée. Il a fallu attendre bien sûr Rachid Medouar (PJD) pour circonscrire les débats.
Au niveau du RNI, il n’y a pas grand-chose à dire. C’est du cash : Hassan Derhem (RNI) a été élu. Il maintiendra sans doute la parité avec l’euro tout en contrant les fluctuations du dollar. C’est tout un programme sonnant et trébuchant. Par ailleurs, le discours mielleux de Mohand Laenser a fait mouche. Il a placé sans amertume aucune Halima Assali (MP) et M’hammed Laâssal (MP). Et pour éviter au parti de sombrer dans des eaux troubles, Sidi Omar El Bahraoui (MP) a proposé à Mohamed Kouskous (MP) d’offrir un dîner. Au grand soulagement d’Ahmed Zarouf (MP). Sinon, c’est Mohamed Samsame (MNP) qui allait rentrer dans la danse si la pieuse Fatima Moustaghfir (MNP) ne l’avait pas retenu.
Dans le registre des mystères, ce qui est en soi assez louche, on peut toujours se poser la question pourquoi Abdellah Mekkaoui (PRD) et Mbarek Hanbali (PDI) ne se sont pas présentés sur les saintes circonscriptions du PJD. Mais la vérité est toujours au fond du puits, comme dirait notre ami le sourcier Abdeslam El Biar (PND).
Mais c’est du côté du FFD que les choses se sont bien passées. Des candidatures élégantes comme celle de M. Mohamed Frix (FFD), bien propre comme celle de Mohamed Ahajjam (FFD), qui a les oreilles bien dégagées, ou celle de Mostafa Boudrâa (FFD), qui, comme chacun sait, a non seulement le bras long, mais la vue pas courte du tout.
Le débarquement d’Abdenbi Saligane (PPS) à la Chambre règle quant à lui d’emblée un gros problème. On sait tout de suite que l’axe Rabat-Dakar a trouvé son mentor. Il n’y a plus de compétition possible. On ne voit pas comment Brahim Namoussi (UD) pourrait lui ravir la place. La lutte contre la malaria n’est pas une priorité bilatérale pour l’instant. Sidi Boiuya Malainine (UD) ne veut pas, sur ce point très sahélien, que l’on fasse dans le strabisme politique. À moins de travestir la vérité, comme pourrait le penser Abdelfatah Essabagh (MDS). Sinon, pour en arrêter là, savez-vous pourquoi Forces Citoyennes d’Abderrahim Lahjouji n’ont pas eu le succès espéré ? C’est Salek Bolon (FC) qui avait tout verrouillé. Cela s’appelle le syndrome de l’écrou.

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