Le tourisme ministériel

Le tourisme ministériel

Adil Douiri, le ministre du Tourisme de Driss Jettou, doit encore faire un effort pour être, justement, ministre. Ce n’est pas qu’il ne l’est pas, il l’est un peu. Mais il devrait pouvoir l’être davantage. Pour cela, il va falloir qu’il réunisse un certain nombre de qualités, autres que celles non négligeables qui ont prévalu à sa nomination, pour éviter qu’une belle promesse ne se transforme en une solide déception. Si l’ambition de Adil Douiri est de rentrer par la grande porte dans l’Histoire de l’impression au Maroc, il risque de réussir. Ses prospectus plaident, déjà, en quadrichromie pour sa consécration. Par contre, s’il veut tutoyer l’Histoire du tourisme marocain, il y a deux options qui se présentent à sa sagacité. Soit, il contribue à l’arrivée au Maroc en 2010 de 10 millions de touristes, soit il fait tout pour réduire ce chiffre au même horizon temporel à zéro. Les deux chiffres seront en soi une performance historique. Car, comme chacun sait, les portes d’entrée dans l’Histoire sont multiples et n’excluent nullement l’esbroufe. On peut être ministre du Tourisme comme Abdallah Kadiri, c’est-à-dire fugace. Comme Serge Berdugo, c’est-à-dire gentil. Ou comme M’hammedi Alaoui, à mon grand étonnement personnel, et de l’avis général d’un grand nombre de professionnels, très prometteur. Là aussi, il y a un choix à faire. D’autant plus que dans notre pays aux mille contrastes où les sens s’émerveillent souvent pour peu et où, génialement, on déclame, sans pudeur aucune, que nous sommes le meilleur pays du monde, quelque 26 ministres en 47 ans se sont penchés sur la santé de notre tourisme national. Adil Douiri est par conséquent, arithmétiquement, toutes choses étant égales par ailleurs, le 26ème dans cette docte lignée. Si chacun de ces ministres avait consolidé l’arrivée, durable, au Maroc de 400 000 touristes, on n’en serait pas, aujourd’hui, à demander, solennellement, au seul Adil Douiri que nous avons trouvé sous la main, d’amener à lui tout seul, sous prétexte qu’il l’a savamment et habilement avancé avant de devenir ministre, 10 millions de touristes. C’est, bien évidemment, trop pour un seul et unique homme. Cela relève presque d’une mission impossible. Pas celles auxquelles nous a habitué le fameux James Bond mais bel et bien celles que nous propose actuellement, sur nos écrans, Mister Bean. Maintenant pour éclairer la lanterne des plus jeunes d’entre nous, on peut citer les noms des responsables du tourisme national qui a peut-être produit, depuis l’indépendance, plus de ministres que de vrais touristes. 1- Mohamed El Fassi. 2- Ahmed El Yazidi. 3- Ahmed Réda Guedira. 4- Moulay Ahmed Alaoui (5fois ministres). 5- Abderrahmane El Kouhen (4 fois ministres). 6- Mohamed Laghzaoui. 7- Abdelhadi Boutaleb. 8- Hassan Ababou. 9- Thami Ouazzani. 10- Abdelkrim Lazrak. 11- Abdelhamid Kriem. 12- Abdelkamel Rheraye. 13- Jalal Essaid. 14- Mansouri Benali. 15- Azzedine Guessous (3 fois ministres). 16 – Abdesslam Znined. 17 – Moussa Saadi (7 ans ministre, une éternité). 18- Abdallah Kadiri (Officier d’intendance auteur du seul diagnostic « militaire » du secteur). 19- Abdelkader Benslimane. 20- Hassan Abouyoub (le premier à avoir introduit le Data Show et les slides au ministère). 21- Serge Berdugo ( a utilisé habilement les slides du précédent). 22- Mohamed Alaoui M’Hammedi. 23- Driss Benhima. 24- Hassan Sebbar (a introduit la solide tradition des apéros de travail dans le département. Comme il était dur à la tâche, les séances de travail duraient longtemps). 25- Fathallah Oualaou. Et, 26- Adil Douiri (auteur du fameux, et déjà historique, 10 millions de prospectus pour 10 millions de touristes). Comme vous pouvez le constater, tous ces « kounouz Biladi » ont marqué de leurs empreintes géniales ce secteur vital. La lignée est stupéfiante. Et l’on est effectivement stupéfait. Alors, encore un petit effort Adil…

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